Pour
publication médiatique
Rapport de
recherche et d’analyse partie I.
Rapport
rédigé par :
Marc Bouchard
Pour :
Les Entreprises Roy et Frères Inc.
St-Mathieu-d’Harricana (Québec)
Le 24 février 2003
Avant-propos
Le présent
document est issu d’un travail de recherche et d’analyse dans le but d’informer
un groupe de citoyens désireux de défendre leurs droits de propriété
privé. L’auteur de ce document n’a pas
la prétention d’être un juriste et ne peut être affublé de ce titre.
L’auteur ne
peut que donner des opinions selon ces connaissances dans certaines
disciplines. En ce qui a trait aux
documents juridiques, l’auteur peut donner une opinion, dans la mesure où elle
ne vient point créer une ingérence dans les prérogatives d’un juriste.
Toute
opinion émise dans ce document par l’auteur sera affermi par des preuves
directes et/ou indirectes, et ce, dans le respect des compétences de l’auteur.
D’autres
éléments de recherche viendront s’ajouter au fil du processus et serviront à la
rédaction du rapport complémentaire et final.
Marc
Bouchard
Président
Introduction
Le 6
septembre 2002, un citoyen corporatif de la municipalité de St-Mathieu-d’Harricana,
Les Entreprises Roy et Frères Inc. nous ont mandaté pour élaborer une recherche
exhaustive concernant des événements survenus à partir du mois de juillet 2001,
relativement à l’exploitation de deux sablières situées sur des territoires où
se trouve également une usine d’embouteillage d’eau souterraine non traitée.
Selon
les informations préliminaires obtenues, Les Entreprises Roy et Frères Inc. estiment que leurs droits d’exploitation sur lesdites
sablières ont été aliénés, et ce, depuis l’implantation de l’usine d’embouteillage,
propriété de la compagnie, Eaux Vives Harricana.
Rappel des faits historiques antérieurs
Depuis
le début des années 90, la municipalité de St-Mathieu-d’Harricana
travail pour trouver des solutions à la problématique de l’exploitation des
sablières et des gravières sur son territoire.
Le 11 et le 12 juin 1990, des représentants du MER (Mines) ont rencontré
des représentants municipaux ainsi que des représentants du MENVIQ.
Ces
représentants se sont rencontrés à Amos, pour discuter du « problème potentiel que pose l’exploitation du sable et du
gravier à même un esker. »[1] Les représentants du MER (Mines) ont
rapidement constaté que les intervenants municipaux d’Amos et de St-Mathieu défendaient des positions communes. Pour madame Linda Lavoie,
directrice du Service d’aménagement de la M.R.C
d’Abitibi et madame Lanoix-Simard, mairesse de la
municipalité de St-Mathieu, il devenait important de
protéger l’aquifère que représente l’esker, source importante pour
l’approvisionnement en eau potable à Amos, l’usine d’embouteillage d’eau
Périgny et une pisciculture intégrée à la municipalité de St-Mathieu.
Si tant
est que le MER (Mines) émet des réserves sur les demandes des représentants
municipaux, considérant que les mesures de protection demandées ont « un impact sur l’exploitation de sable
et de gravier du domaine public. »[2] Comme nous le verrons plus loin, la
problématique de l’exploitation de sable et de gravier engendre non seulement
une polémique environnementale, mais aussi économique. Conséquemment, l’argument du MER (Mines)
repose sur la législation en vigueur à l’époque. Le MER (Mines) croit que le Règlement relatif au carrières et sablières,
du MENVIQ qui s’applique au milieu hydrique et aux prises d’eau [ce règlement
est abrogé] « pourrait assurer la
protection nécessaire que recherche la municipalité. »[3] La position du MER (Mines) semble prioriser
la gestion harmonieuse pour l’exploitation des ressources hydriques et
granulaires. Cependant, dans le rapport,
le MER (Mines) met en relief une situation très intéressante qui laisse un
doute quant aux véritables intentions des représentants municipaux.
Durant
la rencontre du 12 juin 1990, en avant-midi, entre les intervenants, le MER
(Mines) a pris connaissance d’un contexte plus inquiétant pour la contamination
de l’aquifère que représente l’esker. Il
s’agissait de l’enfouissement des déchets en tranchée dans l’esker par les
municipalités qui composent la M.R.C. Le MER (Mines) s’explique mal de la lenteur
du MENVIQ et des municipalités à régulariser la situation, considérant
l’empressement des municipalités à vouloir faire cesser l’exploitation de
substances minérales de surface, pour la protection de l’esker et aussi la
qualité de l’eau souterraine.
Finalement,
des hypothèses de solutions ont été élaborées pour l’harmonisation de
l’exploitation des deux richesses naturelles.
Le MER (Mines) a retenu une hypothèse qui conviendrait, selon notre
opinion, au contexte actuel concernant la problématique des sablières et
gravières. Dans aucune circonstance, le
MER (Mines) préconise la fermeture de toutes les carrières et/ou sablières
situées sur l’esker de St-Mathieu. Mais, une surveillance permanente sur les
exploitants permettraient le respect intégral des normes environnementales
relatives aux carrières et sablières.
Cette
solution permettrait d’accroître les revenus du MER (Mines) provenant de la
redevance que l’exploitant doit payer pour l’exploitation de substances
minérales de surface. La limitation de
nouvelles carrières et sablières fait également partie de l’hypothèse de
solution du MER (Mines).
Nous
croyons que si les municipalités impliquées, lors de la rencontre du 12 juin
avait fait montre d’un peu plus de discernement et avaient tenté de négocier
avec les exploitants de carrières et de sablières, le litige entre le
gouvernement et Les Entreprises Roy et
Frères serait manifestement inexistant.
Le
rapport des fonctionnaires du 2 août 1990 n’est pas l’unique information quant
aux événements antérieurs conséquences de notre recherche. Un document de source officielle
intitulé : Note au dossier; Calendrier des événements entourant l’exploitation des
sablières à St-Mathieu de Figuery,
expose par ordre chronologique les événements survenues jusqu’à ce jour, dans
le dossier de l’exploitation des sablières à St-Mathieu.
Dans ce
document, il est mentionné qu’en 1998, avec le projet d’Eaux Vives Harricana découlant du rachat de l’usine Périgny, des
discussions ont eu lieu entre le STM (Secteurs du territoire des mines), Eaux
Vives Harricana et des représentants de la
municipalité, mais aucune discussion n’est initiée avec Les Entreprises Roy et
Frères Inc.[4] Le 4 septembre 2001, le Conseil municipal de St-Mathieu demande au ministre, Jacques Brassard, l’aide du
Ministère des Ressources naturelles pour la protection de l’esker de St-Mathieu dans le but de mettre sur pied un projet d’un
parc hydrique.[5] Le Conseil municipal par sa résolution no.
2001-04-060 avait entériné la création du parc hydrique, et d’autre part venait
d’enlever toute chance de négociation entre la municipalité les représentants
de l’usine Eaux Vives Harricana et Les Entreprises
Roy et Frères Inc.
L’exclusion
des Entreprises Roy et Frères Inc. aux pourparlers se
poursuit le 12 septembre 2001, alors qu’une rencontre survient entre M.
Jean-Louis Cathy et M. Jean-Marc Charbonneau, ainsi que des représentants de
l’usine Eaux Vives Harricana et de la municipalité de
St-Mathieu. Il
nous apparaît assez clairement que le Ministère des Ressources naturelles ainsi
que les représentants municipaux avaient, à ce moment mis tout en œuvre pour
aliéner les droits d’exploitation de l’entreprise Les Entreprises Roy et Frères
Inc.
Éléments factuels de recherche
Comme
nous l’avons indiqué dans notre introduction, notre recherche et analyse est
basée sur la répertoriation de documents officiels
émanant de divers Ministères au gouvernement du Québec, ainsi que d’organismes
municipaux et para-municipal. Dans cette présente section, nous allons
faire l’épistémologie des éléments factuels et nous allons en faire une analyse
étroite. Il est à noter que la partie
analyse de cette section ne peut être interprétée telle une analyse que ferait
un juriste. Afin de respecter
l’indépendance interprétative des juristes, nous allons analyser plus
particulièrement les documents politiques et laisser la partie juridique
interprétative, au soin des juristes.
Arrêtés
ministériels (EF-1)
Le 19
juillet 2001, en vertu de la Loi sur les
mines (L.R.Q., c. M-13.1) le ministre Jacques
Brassard émettait des arrêtés
ministériels, pour la création d’une réserve à l’État, nécessaire
pour l’approvisionnement d’une usine d’embouteillage d’eau non traitée pour fin
de consommation humaine.[6] Un fait important dans le document mérite
toute notre attention. En effet, le
ministre Brassard n’inclut pas dans ses arrêtés ministériels, la sablière
portant no. 32D/08-015 et dont Les Entreprises Roy et Frères Inc. détiendraient des droits acquis d’exploitation.
Par
ailleurs, il semble que le ministre n’est pas voulu réduire ou éliminer
l’exploitation des matières granulaires de la sablière 32D/08-015. Il nous apparaît donc un tantinet aléatoire
que malgré la dérogation consentie pour l’exploitation de ladite sablière,
cette dernière ce retrouve au centre d’un litige potentiel entre le
gouvernement du Québec et Les Entreprises Roy et Frères.
Une
analyse juridique d’un juriste pourrait mettre en parallèle plus d’information
quant à l’application et l’interprétation des arrêtés ministériels.
Lettre
du 27 juillet 2001 (EF-2)
Une
semaine après l’adoption des arrêtés
ministériels, Les Entreprises Roy et Frères Inc.
reçoivent une correspondance du STE (Services des titres d’exploitation),
division du Ministère des Ressources naturelles. L’auteur de la correspondance, monsieur Stéphan Grenier a informé monsieur Lorrain Roy que son
entreprise devait cesser temporairement l’exploitation de la sablière 32D/08-015.
Monsieur
Grenier écrit dans sa correspondance: « L’exploitation de ce dépôt pourra
reprendre dès que le Ministère de l’Environnement, nous aura remis
l’autorisation manquante, ce qui devrait être fait d’ici quelques mois. »[7] Il nous apparaît évident dans la
correspondance de monsieur Grenier que Les Entreprises Roy et Frères Inc. pourront poursuivre l’exploitation de ladite
sablière. Avant l’émission du certificat
d’autorisation, Les Entreprises Roy et Frères ont été relocalisées
dans la sablière 32D-08-013. Cette
sablière sera fermée à toute nouvelle extraction de matières granulaires,
quelques mois plus tard.
MRC d’Abitibi – Résolution no. 101-09-2001
(EF-3)
Le 12
septembre 2001, dans une résolution portant le numéro 101-09-2001 et adoptée à
l’unanimité, la M.R.C. d’Abitibi demande au MTQ ainsi
qu’au MRN « de soustraire
l’approvisionnement en matériaux granulaire des bancs de gravier situés sur
l’esker et la moraine Harricana du territoire de la M.R.C. d’Abitibi.[8] Dans cette résolution, la M.R.C
demande la cessation de l’exploitation des bancs de gravier sur l’esker, et
forcément la cessation de l’exploitation de la sablière 32D/08-015.
Lettre
du 2 octobre 2001 (EF-4)
Le 2
octobre 2001, le directeur du Ministère des Ressources naturelles, monsieur
Jean-Marc Charbonneau à envoyé une correspondance pour informer Les Entreprises Roy et Frères Inc de la cessation de toute exploitation granulaire dans
la sablière 32D/08-015, et ce, afin «
d’assurer la pérennité des activités Eaux Vives Harricana. »[9] Nous avons mentionné au début de notre
rapport, que Les Entreprises Roy et Frères Inc. ont
dû cesser toute nouvelle extraction de substances granulaires, depuis
l’implantation de l’usine d’embouteillage Eaux Vives Harricana.
Le
Ministère croit que l’exploitation de sablières sur l’esker de St-Mathieu précarise la nappe phréatique. L’argument du directeur Charbonneau est le
suivant : « … le projet
d’embouteillage d’Eaux Vives Harricana représente un
investissement majeur dans l’économie de la région. Dans un tel contexte, tout doit être mis en
place pour éliminer dans l’avenir les risques de contamination de la nappe
phréatique.[10] Nous dénotons deux sophismes dans
l’argumentaire de monsieur Charbonneau.
Premièrement,
l’usine Eaux Vives Harricana ne peut être considérée
comme un investissement majeur pour l’économie de la région, considérant que
les dirigeants de l’usine ne paient aucune redevance au gouvernement du Québec,
ainsi qu’à la municipalité de St-Mathieu-d’Harricana,
alors que les exploitants de sablières et de gravières paient une redevance au
gouvernement.
Deuxièmement,
le Ministère des Ressources naturelles ne peut prétendre que les risques
potentiels de contamination sont précaires, puisque aucune étude d’impact environnemental,
ou même hydrogéologique n’a pu démontrer hors de tout doute qu’il y a risque de
contamination. Il nous apparaît juste,
d’avancer l’hypothèse que le gouvernement n’a jamais fait d’études exhaustives sur
les impacts extra-territoriaux sur l’esker de St-Mathieu.
Résolution
no. 2001-10-213 – Conseil municipal de St-Mathieu d’Harricana (EF-5)
Toujours
dans le même continuum d’actions, telles qu’initiées par la M.R.C.
d’Abitibi en septembre 2001, le 1er octobre 2001, le Conseil
municipal de St-Mathieu a voté à l’unanimité une
résolution, demandant au MRN (Ministère des Ressources naturelles) « d’identifier des sources
d’approvisionnements en matériaux granulaires dans des secteurs autres que ceux
suceptibles de nuire à la qualité de l’eau des sources
souterraines. »[11] Un élément important dans la résolution,
mérite une attention particulière.
Le
Conseil municipal de St-Mathieu-d’Harricana, dans sa
résolution se préoccupe de la qualité de l’eau des sources souterraines. Par sa résolution, le Conseil caractérise
implicitement Les Entreprises Roy et Frères comme des pollueurs potentiels; ce
qui est faux sous toutes ces formes et causes de graves préjudices à
l’entreprise. Si la qualité de l’eau est
primordiale pour le Conseil, serait-il de bon aloi qu’il se préoccupe
d’avantage de l’exploitation hydrique que feront les dirigeants de l’usine Eaux
Vives Harricana.
L’usine a-t-elle en sa possession des documents prouvant la précarité de
l’esker, conséquence de l’exploitation de la sablière 32D/08-015? Nous estimons, a fortiori, que le
gouvernement du Québec (MRN et MENVIQ), la municipalité de St-Mathieu
ainsi que les dirigeants d’Eaux Vives Harricana,
s’ils détiennent des preuves tangibles, ils se doivent d’en informer Les
Entreprises Roy et Frères Inc.
Mémos de
fonctionnaires cadres adressés au ministre Jacques Brassard (EF- 6 à 8 en
liasse)
Afin de
démontrer que Les Entreprises Roy et Frères Inc. ont
subit un préjudice relativement à ses droits d’exploitations granulaires, nous
avons analysé méticuleusement des mémos internes de fonctionnaires cadres
adressés au ministre de l’époque, monsieur Jacques Brassard, et qui font état
des préoccupations majeurs sur les possibles fermetures des sablières sur
l’esker de St-Mathieu-d’Harricana.
Dans un
mémo en date du 5 octobre 2001 intitulé Protection
de l’esker de St-Mathieu-d’Harricana (exploitation de
gravières), un ingénieur du STM (Service des titres miniers) monsieur André
Ouellet explique au ministre Brassard leurs
appréhensions sur tout éventuel projet de fermeture de sablières à St-Mathieu-d’Harricana.
Le fonctionnaire ingénieur fait en quelque sorte l’épistémologie de la
problématique des sablières dans la M.R.C. d’Abitibi,
et plus particulièrement sur l’esker de St-Mathieu. En analysant le document, nous y avons
découvert une sensibilisation cartésienne sur l’exploitation des
sablières. En effet, monsieur Ouellet semble sympathique aux exploitations granulaires
hormis l’implantation de l’usine d’embouteillage Eaux Vives Harricana. Monsieur Ouellet
affirme : « Il était entendu que les sablières déjà existantes devaient
demeurer ouvertes, celles-ci bénéficiant de droits acquis. »[12] Nous avons raison de croire que la cessation
de l’exploitation de la sablière 32D/08-015 n’est autre chose qu’une expropriation
déguisée.
En
complémentarité, dans un mémo adressé au ministre Brassard le 16 octobre 2001,
le chef du Service des titres miniers, Me Christian Morin confirme
l’information des droits acquis soulevée par son collègue André Ouellet. Le mémo de
Me Morin est d’autant plus intéressant puisqu’il émet une opinion
sur la vulnérabilité de l’esker sur le site de la sablière 32D/08-015. Dans son mémo Me Morin écrit
clairement et sans ambiguïté : « Selon les informations à notre dossier, les risques de
contamination de la nappe d’eau sur le site de la sablière 15 sont
minimes. Par ailleurs, le MTQ n’envisage
pas ses travaux de construction qu’au printemps 2002, ce qui laisse amplement
de temps pour examiner avec tous les intervenants la meilleure façon de
protéger l’esker tout en conservant des sources de matériaux
granulaires. »[13] Il est intéressant de constater que les
hauts fonctionnaires du MRN préconise la continuation de l’exploitation de la
sablière 32D/08-015 tout en assumant une surveillance accrue; cela serait, à
notre avis le meilleur scénario pour Les
Entreprises Roy et Frères Inc. Parallèlement, nous nous interrogeons sur le
changement de position du MRN au début de l’année 2002. À ce moment, le premier ministre du Québec a
entrepris un remaniement de son Conseil des ministres. Un de ces nouveaux ministres est le député d’Abitibi-Ouest, François Gendron au MRN.
Ainsi,
nous pouvons conclure qu’avec l’arrivée de monsieur Gendron, les décisions de
l’ex-ministre Brassard ont été renversées, notamment celles concernant
l’exploitation de la sablière 32D/08-015 par Les Entreprises Roy et Frères Inc. Aucun désir de
négociation n’a été manifesté par le nouveau ministre, nonobstant les
recommandations des hauts fonctionnaires André Ouellet
et Me Christian Morin.
Lettre
du 17 octobre 2001 – Les Entreprises Roy et Frères Inc.
(EF-9)
Suite à
la lettre du 2 octobre 2001, du directeur du Ministère des Ressources
naturelles, monsieur Jean-Marc Charbonneau où Les Entreprises Roy et Frères Inc. ont été informées du non renouvellement du bail
d’exploitation de la sablière 32D/08-013, monsieur Lorrain Roy, président de
l’entreprise a rédigé une correspondance, le 17 octobre 2001, au directeur
Charbonneau afin de lui faire part de certaines réserves quant à la décision
prise par le MRN.
Dans sa correspondance, monsieur Roy évoque l’échéance restreinte pour
extraire toutes ses réserves granulaires.
Monsieur
Roy fait également référence au non renouvellement du bail d’exploitation de la
sablière 32D/08-015, considérant que le MRN n’a pas fait de demande de
certificat d’autorisation au MENVIQ. Par conséquent, monsieur Roy a été contraint
de transporter du matériel d’extraction dans la nouvelle sablière qui avait été
localisé par le MRN.
Ainsi donc, monsieur Roy s’explique mal, qu’il doive transporter toutes
ses réserves de la nouvelle sablière que lui avait attitré le MRN.
Monsieur
Roy mentionne d’emblée, des contraintes économiques sur le point de vue de la
compétitivité et indique à monsieur Charbonneau que « pour être capable de continuer à opérer, votre ministère nous a
fait prendre un permis dans la sablière 32D/08-013. Comme nous n’avion presque plus de concassé,
nous en avons fait faire dans ce banc que vous veniez de nous attitrer. Si nous avions su qu’il aurait fallu
transférer tout ce matériel de [ce] banc, nous aurions attendu pour en faire
faire, déjà que d’avoir changé de banc nous occasionnait des coûts
supplémentaires de transport. »[14] Cet argument de monsieur Roy nous convainc de
l’importance de son entreprise dans l’économie locale. Il mentionne cet aspect plus loin dans sa
correspondance en exposant le contexte
concurrentiel et conséquemment, Les Entreprises Roy et Frères ne peuvent
se permettre d’augmenter leur prix, compte tenu que certaines de leurs
activités sont basées par voie de soumission, s’il est question de travaux où
le plus bas soumissionnaire obtient un contrat de réfection de routes,
d’étendage de gravier ou de travaux d’excavation.
À cet
effet, avec la fermeture de la sablière 32D/08-015, c’est l’économie de la
municipalité de St-Mathieu-d’Harricana qui, nous
croyons deviendrait stagnante, voir même inexistante, considérant que l’usine
Eaux Vives Harricana ne paie aucune redevance à la
municipalité et ne peut améliorer les infrastructures. Voilà pourquoi, nous croyons que Les
Entreprises Roy et Frères Inc. sont des acteurs
économiques important dans l’économie locale, mais aussi dans la région
d’Amos.
Conclusion
Dans
notre rapport nous avons tenté de démontrer les aspects politiques et
économiques, relativement à l’exploitation d’une sablière dont Les Entreprises
Roy et Frères Inc. détient des droits acquis. Le litige entre le MRN-MENVIQ
et l’entreprise pourrait se régulariser par la voie politique. Jusqu’à présent les demandes de l’entreprise
n’ont reçu aucune oreille attentive, soit des fonctionnaires cadres, soit des
employé politiques ministériels ou soit des ministres
eux-mêmes.
Nous
croyons sciemment, que des pressions politiques, non seulement envers les
représentants gouvernementaux et municipaux, mais aussi envers les dirigeants
de l’usine Eaux Vives Harricana influenceront
l’opinion publique afin qu’une négociation sérieuse s’amorce entre toutes les
personnes concernées. Pour ce faire, une
vaste campagne d’information publique devrait être mise sur pied, dans le but
explicite d’informer la population sur les conséquences directes et indirectes
de la fermeture des sablières dans la municipalité de St-Mathieu.
Nous
estimons que des pressions populaires influenceront, notamment, le gouvernement
du Québec et cela pourrait ce faire par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs
membres de l’opposition à l’Assemblée nationale. Si le scénario se concrétise, nous estimons
les chances de réussite à environ 95%, considérant que ce dossier touche
beaucoup d’aspect économiques et doit susciter l’intérêt du public. Nous sommes d’avis que Les Entreprises Roy et
Frères Inc. doit garder toutes les marges de
manœuvres en sa disposition.
Dans
l’éventualité où l’approche politique serait un échec, nous recommandons que
Les Entreprises Roy et Frères entame des poursuites judiciaires au Tribunal
administratif, dans le but de recevoir des compensations financières, pour les
préjudices causés par la fermeture de la sablière 32D/08-015, dont l’entreprise
possède des droits acquis d’exploitation granulaire. Les services d’un juriste en expropriation
devraient être pris en considération, seulement si l’entreprise en exprime le
désir. Comme nous l’avons mentionné,
nous privilégions un règlement politique pour dénouer l’impasse, nonobstant
tout le caractère juridique du litige.
Cette décision, telle qu’elle soit devra être prise dans le meilleur
intérêt de l’entreprise. Nous croyons
ardemment, au succès d’un règlement entre Les Entreprises Roy et Frères et le
gouvernement du Québec et souhaitons que ce document aidera l’entreprise à
continuer d’être un acteur important dans l’économie de la municipalité de St-Mathieu.
[1]MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES: Rapport concernant la protection de l’esker de St-Mathieu; 2 août 1990.
[2] Idem.
[3] Idem.
[4] Le document est de source gouvernementale émanant du Ministère des
Ressources naturelles. Il a été remis
lors d’une rencontre le 10 juin 2002 avec le ministre François Gendron, à
laquelle participait plusieurs personnes, dont les propriétaires de
l’entreprise Les Entreprises Roy et
Frères Inc.
[5] Le projet de parc hydrique a été entériné par les membres du Conseil municipal par la résolution no. 2001-04-060, lors d’une séance régulière, tenu le 2 avril 2001.
[6] GOUVERNEMENT DU QUÉBEC; Ministère des Ressources naturelles, Arrêtés ministériels, Loi sur les mines (L.R.Q., c. M-13.1), 19 juillet 2001
[7] MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES; Division Service des titres d’exploitation, lettre du 27 juillet 2001.
[8] M.R.C. D’ABITIBI; Résolution no. 101-09-2001, 12 septembre 2001.
[9] MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES; lettre du 2 octobre 2001.
[10] idem
[11] MUNICIPALITÉ DE ST-MATHIEU-D’HARRICANA; Résolution no. 2001-10-213, 1er octobre 2001.
[12] STM; Ministère des Ressources naturelles, Mémo: Protection de l’esker de St-Mathieu-d’Harricana (exploitation de gravières), 5 octobre 2001.
[13] STM; Ministère des Ressources naturelles, Mémo: Localisation des dépôts de matériaux granulaires, 16 octobre 2001.
[14] LES ENTREPRISES ROY ET FRÈRES INC.; Lorrain Roy, Correspondance – Sablière 32D/08-015 à St-Mathieu, 17 octobre 2001.